mercredi 23 juillet 2008
La note : 4/5
Bouleversant. Entre émotions, musique, images et lumières, les comédiens évoluent sur scène, hypnotisant les spectateurs.
Léa aime Paul. Par amour, elle est prête à tout, y compris à donner sa vie. Une tierce personne s'invite au milieu de cette histoire complexe et destructrice : Thomas. L'ultime fantasme de Léa, son ami, qu'elle souhaite voir dans les bras de Paul.
La représentation dure 1h. 1h pendant laquelle on est immanquablement happé par ce qui se passe devant soi.
Chaque mouvement ressemble à une chorégraphie, chaque son, chaque parole possède une signification. Rien n'est laissé au hasard, encore moins un jeu de lumière reflet du ressenti des personnages.
Sur scène, les acteurs se mettent à nu. Littéralement. Et malgré cela, rien n'est gratuit, pas de vulgarité. C'est un spectacle que l'on pourrait qualifier de charnel, mais pas sexuel même si ce thème est d'une importance capitale dans la pièce.
Emporté par trois comédiens stupéfiants de vérité et de finesse, le public reste comme "scotché" à leurs moindres gestes.
La mise en scène expose les sentiments de Léa au moment où elle agit, grâce à des images projetées sur un voile transparent (impudique?).
En somme, un spectacle qui réussit le pari difficile de montrer pudiquement ce que la société juge impudique et trouve gênant de dévoiler : le sexe, l'amour.
Eloïse Levesque et Marie-Caroline Neuvillers
La Presse
«[…Portée par la musique et la poésie,
« Impudique » s'engage dans la description osée des émois sentimentaux. Osée, parce que vraie et juste…]
[…Visuellement : pas d'ostentation. Ici, le sexe est sublimé, poétisé par les musiques mais surtout par le jeu des acteurs…]
[…A l'heure où des metteurs en scène stigmatisent l'hypocrisie qui entoure le sexe et le nu au théâtre, la compagnie Théâtre d'art réussit le pari de concilier vérité et théâtralité.]
Mathieu LAVIOLETTE-SLANKA. La critique [evene]
« […Le sexe, l'amour vrai, la haine, la violence s'entrechoquent, ça a un goût de vie…]
[…De belles voix qui transportent et visent au coeur. On demeure figé comme absent, intense.]
Didier DERUEIL. Les Estivales
« C'est intimiste et contemporain même si le sujet semble usé. C'est libertin, le spectateur s'éveille à la subtilité du corps et à la découverte d'orgasmes verbaux. Le sexe, l'amour vrai, la haine, la violence s'entrechoquent, ça a un goût de vie. C'est tour à tour âpre ou sucré, mise en abîme, nausée, on passe par des couleurs des douleurs fortes, on oscille entre satisfaction et questionnement. On est voyeur égaré dans une histoire dans laquelle on oublie le sens des mots mais on y revient. De belles voix qui transportent et visent au coeur. On demeure figé comme absent, intense.»
Didier DERUEIL. Les Estivales
Ce qu’on en dit
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La critique [evene.fr] (4 étoiles sur 5)
par Mathieu Laviolette-Slanka
L'amour n'est jamais évident à raconter, et à plus forte raison quand le couple originel de deux passe à trois. Le sujet est néanmoins théâtral par essence, puisqu'il implique un choix, fait agir l'universalité de l'Autre avec l'introspection personnelle, bouleverse l'ordre attendu et donne prise à de nombreux rebondissements possibles.
Portée par la musique et la poésie, la compagnie Théâtre d'art s'engage depuis 13 ans dans la description osée des émois sentimentaux. Osée, parce que vraie et juste. Malgré son titre, le spectacle 'Impudique' nous montre avec sensibilité et sans vulgarité le sacrifice d'une femme qui n'arrive plus à satisfaire son amant. Du sexe ? Entre autres. Car indéniablement, ils s'aiment, du début jusqu'à la fin, défauts et infidélités compris. Entre cet amour violent et la frustration latente, le paradoxe est grand, et fatal.
L'amour : une question de jouissance, mais pas seulement. Comme le rappelle l'auteur Arnaud Devolontat : "Nous devons notre existence au mystère le plus absolu : l'orgasme." 'Impudique' nous raconte un orgasme violent, porté par la note stridente d'un violon qui expire son plaisir, mais visuellement : pas d'ostentation. Ici, le sexe est sublimé, poétisé par les musiques mais surtout par le jeu des acteurs : Neus Elfa Puell, tendre et douloureuse image du sacrifice, Adrian Conquet, tout autant convaincant dans le rôle du tiers amant, qui ne trouve sa place avec personne, et qui s'efface peu à peu de la vie même. Une douceur dont on leur sera reconnaissant au vu du sujet éthiquement et esthétiquement risqué.
"Ecouter sa sexualité est sûrement l'action la plus engagée, la plus courageuse et la plus périlleuse." Porter ce genre de récit à la scène était tout autant une gageure. A l'heure où des metteurs en scène stigmatisent l'hypocrisie qui entoure le sexe et le nu au théâtre, la compagnie Théâtre d'art réussit le pari de concilier vérité et théâtralité.
C'est un spectacle sur l'amour, le dépassement de soi, un spectacle surréaliste ou l'esthétique est mis en avant. Cela nous questionne, jusqu'où est on prêt à aller par amour ? ici, Léa ira jusqu'au bout, jusqu'à l'abnégation, jusqu'au sacrifice d'elle même en lui offrant " Thomas " leur fantasme….Tout est absolument intense. Tout y est, tout est dit : l'excellent jeu des acteurs, la chorégraphie, la poésie et les chansons donnent une intensité à cette représentation ou la présence de la vidéo mêle fiction et réalité. Remarquable. J.M Gautier
" … réussi ! "
Comyn.com
par Moira dans Thêatre
C'est l'une des très bonnes surprises de ces derniers temps. J'ai tout simplement adoré Impudique
Le décor est très sobre voir absent : ca se résume à une estrade, un rideau de mousseline blanche, à un coffrage représentant un magnétoscope et une bougie. Tout est focalisé sur la lumière, la mise en scène et le jeu des acteurs. Rien de superflu ! Ca donne une ambiance scénique presque onirique, baroque.
Ce qui marque dans cette pièce avant tout, ce sont les chansons. Un piano pour seule musique, des paroles touchantes, des voix justes et pures qui se marient à merveille. Le tout donne des chansons harmonieuses qui font mouche au point de me donner à deux reprises des frissons voir même une bouffée d'émotions, des souvenirs remontant à la surface.
Les comédiens sont très bons (et très beaux) : ils sont dans leur personnage de A à Z, n'ont pas d'hésitations et vont au bout de leurs gestes même si parfois ils sont crus. La pièce repose intégralement sur eux car aucun artifice ne peut tromper le spectateur. L'accent de Neus Efla Puell est parfois trop présent, étouffant certains mots mais cela fait parti du charme d'Impudique : 3 personnages différents mais complémentaires, un trait d'union entre les mondes.
L'affiche au final reprend une scène de la pièce : La scène, la seule et l'unique, où ils sont nus. Le reste de la pièce se passe "normalement", sans impudeurs ou presque :-p Tous les gestes sont justifiés et non le simple fruit d'un exhibitionnisme gratuit.
Impudique est plus qu'une musique, plus qu'un jeu d'acteur, et surtout bien plus qu'une histoire où l'on se perds parfois, c'est avant tout une émotion vrai et juste.
C'est intimiste et contemporain même si le sujet semble usé. C'est libertin, le spectateur s'éveille à la subtilité du corps et à la découverte d'orgasmes verbaux. Le sexe, l'amour vrai, la haine, la violence s'entrechoquent, ça a un goût de vie. C'est tour à tour âpre ou sucré, mise en abîme, nausée, on passe par des couleurs des douleurs fortes, on oscille entre satisfaction et questionnement. On est voyeur égaré dans une histoire dans laquelle on oublie le sens des mots mais on y revient. De belles voix qui transportent et visent au cœur. On demeure figé comme absent, intense.
Didier Deruelle/ Les estivales.
" La compagnie Théâtre d'Art est certainement la future de la jeune création, puisqu'elle parle aux gens d'aujourd'hui, de questions d'aujourd'hui, dans une langue d'aujourd'hui. "
F.P L'Indépendant
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