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Note d'Intention
Une recherche de l'excellence sentimentale.
Nous devons notre existence au mystère le plus absolu : l'orgasme.
Il est pour moi la porte de toutes nos questions et de toutes nos réponses.
L'éternel " D'où venons-nous ? Où allons-nous ? ".
Je ne sais pas grand chose de la mort, mais ce que je sais, c'est qu'elle est un abandon, un lâché prise.
L'orgasme se rapproche à mon sens de cette idée d'abandon. Le plus intéressant est que nous donnons la vie dans cette petite mort.
La sexualité s'impose alors comme l'expression la plus juste de notre identité et les tabous font naitre les frustrations les plus dévastatrices.
Ecouter sa sexualité est sûrement l'action la plus engagée, la plus courageuse et la plus périlleuse. Elle nous met en danger car elle parle de nous. Derrière chaque perversion se cache une frustration.
Le véritable écho de notre sexualité est un sentiment d'amour.
Le sexe n'est que le moyen d'aller vers cette fusion que nous recherchons tous. Il nous met face à nos manques. La pénétration est sûrement le moment où l'on se sent le moins seul. L'éjaculation est alors le lien entre deux corps afin de n'en faire qu'un.
Nous oublions notre mort en donnant la vie… Dans un orgasme…
Cette réflexion m'a conduit directement au titre du spectacle : " Impudique ". Le paradoxe est de créer des personnages avec beaucoup de pudeur pour exprimer la valeur des mots " don, abandon ". C'est un engagement de soi. Cette tension est traduite aussi par la complexité du couple avec ses tortures sentimentales que nous vivons tous.
Au travers de ces trois personnages, j'espère donner au public la chose la plus simple qui soit : allons à l'essentiel, n'ayons pas peur d'aimer.
Notre vie est née d'une mort, jouissions de ce cadeau sans perdre de temps…
Arnaud Devolontat.
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Note Mise En Scène
J'ai choisi d'aborder ce travail sur la scène comme si je devais réaliser un film, en imaginant l'œil d'une caméra.
Toute l'esthétique du spectacle et plus précisément celle de la mise en scène, est ainsi travaillée pour plonger le spectateur dans un univers du 7 ème art.
Je souhaitais surprendre entre fiction et réalité, apparition et représentation.
Tout d'abord par le décor, il permet de symboliser sur le plateau une découpe de l'espace / temps : En fond de scène, un voile blanc va jouer l'écran de cinéma où Paul découvre le témoignage posthume de sa femme Léa.
L'image devient réalité, la fiction devient un souvenir palpable.
Paul passe derrière ce voile et entre ainsi dans ses fantasmes.
Pour garder un sens surréaliste au spectacle, les acteurs se déplacent avec la lenteur et la puissance d'un travelling caméra.
Chaque geste est pensé « esthétique », rien n'est laissé au hasard jusqu'à la courbe du pied.
Ce sont des mouvements chorégraphiés, pensés comme si des gros plans devaient mettre en exergue : une main crispée de Léa, un regard de Paul, un murmure de Thomas. Pour ce travail rigoureux, j'ai choisi de travailler avec un chorégraphe afin que chaque scène soit dessinée comme un tableau procurant une poésie visuelle.
Les comédiens deviennent acteurs, les chansons prennent des airs de clips.
Toute cette mise en scène cinéma portée à son paroxysme, me permet pourtant de choisir à certains moments de revenir à une réalité brute, plus instinctive en contraste violent avec l'imaginaire révélé dans ces scènes.
Léa sort de ce voile et entre dans les souvenirs de Paul, les acteurs redeviennent comédiens. Les déplacements des personnages deviennent des scènes réalistes, l'histoire nous parle au présent. Le plan devient large.
« Impudique » est rythmée ainsi entre réalité et fiction, souvenir et fantasme. L'insaisissable personnage de Léa est le chef d'orchestre de ce parti prit de mise en scène fantôme (fantasmagorique). Pour qu'au bout du compte on ne retienne que l'essentiel : l'émotion.
Arnaud Devolontat.
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